Comptine pour un corsaire nantais
Jean de Crabosse n’a pas d’bateau,
ne peut voguer au gré des flots.
Il fait voguer dedans une mare
des vaisseaux de papier buvard
Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n’a peur de rien
Jean de Crabosse, par monts par vaux
bat la campagne et les hameaux.
demande dans des endroits bizarre
"qui voudrait larguer les amarres ?"
Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n’a peur de rien
Jean de Crabosse a trois mat’lots
qui n’ont jamais vu un bateau.
les deux premiers sont cabochards,
le troisième marche comme un canard.
Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n’a peur de rien
Jean de Crabosse arm’ un canot
pour faire la chasse aux nobliots
qui, se croyant de vieux briscards ,
arpentent le pont de leurs flambarts.
Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n’a peur de rien
Jean de Crabosse a pris vaisseaux
au large des grands cardinaux
et c’est sous les feux de Goulphar
qu’il a pris d’assaut les fuyards.
Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n’a peur de rien
Jean de Crabosse, les amiraux
t’honorent de gestes amicaux,
te disent qu’ils marchent sur tes traces,
et comme toi mènent la chasse.
Il est breton et ligérien.
Jean de Crabosse n’a peur de rien
Jean de Crabosse, tu ne crois guère
que tous ces forbans soient sincères.
Tu es breton et ligérien.
Un "de Crabosse" n’a peur de rien
Au clair de ma plume
Au clair de ma plume voici quelques mots qui, sans décrocher la lune, voudraient parfois faire écho.
samedi 10 décembre 2011
dimanche 6 novembre 2011
Les goualants
En l'honneur des passionnés du chant marin et du kan ha diskan, pour que survive cet aspect de la culture bretonne
Nous sommes chanteurs de sornettes.
De tant de vies sommes les goualants,
bardes d’Armorique louant la terre
qui a portée tant de printemps.
au chant classique n’empruntons guère
que ritournelles et contre-chants
et si tuilons parfois nos vers,
c’est au nom du kan ha diskan
Disons vos craintes par mots couverts,
aussi vos joies ou vos serments.
travaux des champs, murets de pierres,
vie des villages sont nos diamants.
Chantons aussi les gens de mer :
rimes à virer au cabestan,
chansons des ports, chants de la mer,
complaintes du gaillard d’avant.
Pour vos plaisirs chantent les trouvères,
pour leur plaisir également,
aux traces d’un dénommé Tonnerre
qu’ils saluent ici humblement.
Nous sommes chanteurs de sornettes.
De tant de vies sommes les goualants,
bardes d’Armorique louant la terre
qui a portée tant de printemps.
au chant classique n’empruntons guère
que ritournelles et contre-chants
et si tuilons parfois nos vers,
c’est au nom du kan ha diskan
Disons vos craintes par mots couverts,
aussi vos joies ou vos serments.
travaux des champs, murets de pierres,
vie des villages sont nos diamants.
Chantons aussi les gens de mer :
rimes à virer au cabestan,
chansons des ports, chants de la mer,
complaintes du gaillard d’avant.
Pour vos plaisirs chantent les trouvères,
pour leur plaisir également,
aux traces d’un dénommé Tonnerre
qu’ils saluent ici humblement.
lundi 30 mai 2011
Bonnets rouges, bonnets bleus
Craignez bien le poher en feu,
et la révolte des bonnets rouges.
Tout le pays bigouden bouge,
c’est la révolte des bonnets bleus.
Messire le roi veut du papier,
et que celui-ci soit timbré.
Il faut là-bas pour la Hollande
toujours tant et plus de deniers.
Nous étions cent, nés de Spezet,
marchant au cri de "torr e ben".
Tombe la quévaise des monts d’Arrée,
les droits de champart et corvée.
Avons marché vers la grand place,
vers l’étude du notaire porcher.
Avons mis la maison à sac,
avons brulé de beaux papiers.
Dites bien au Duc de Chaulnes
que ses canons sont enlevés.
Dites aussi à Montgaillard
que son château a bien brûlé.
Sachez qu’ici, en basse Bretagne,
les paysans sont révoltés,
et que la révolte a grondé
du Poher à Pont l’Abbé.
et la révolte des bonnets rouges.
Tout le pays bigouden bouge,
c’est la révolte des bonnets bleus.
Messire le roi veut du papier,
et que celui-ci soit timbré.
Il faut là-bas pour la Hollande
toujours tant et plus de deniers.
Nous étions cent, nés de Spezet,
marchant au cri de "torr e ben".
Tombe la quévaise des monts d’Arrée,
les droits de champart et corvée.
Avons marché vers la grand place,
vers l’étude du notaire porcher.
Avons mis la maison à sac,
avons brulé de beaux papiers.
Dites bien au Duc de Chaulnes
que ses canons sont enlevés.
Dites aussi à Montgaillard
que son château a bien brûlé.
Sachez qu’ici, en basse Bretagne,
les paysans sont révoltés,
et que la révolte a grondé
du Poher à Pont l’Abbé.
lundi 21 février 2011
Kornog
Kornog, vent d’ouest,
souffle de la mer qui balaie le pays
apporte-nous par tes tempêtes
cet air salé qui vivifie.
Par les chemins de ma Bretagne
je ne vois que campagne pelée .
Ou sont les champs de nos campagnes ?
Partout se dressent résidences d’été.
Tu survolais tous les labours
tu suivais au fil des champs,
les lisières et les bordures.
Ou sont les haies, les mares d’antan.
Dans les ports aux bassins vides
la flotte de pêche est mal en point .
Pour sauver tous nos navires
il ne nous reste que les ronds-points
souffle de la mer qui balaie le pays
apporte-nous par tes tempêtes
cet air salé qui vivifie.
Par les chemins de ma Bretagne
je ne vois que campagne pelée .
Ou sont les champs de nos campagnes ?
Partout se dressent résidences d’été.
Tu survolais tous les labours
tu suivais au fil des champs,
les lisières et les bordures.
Ou sont les haies, les mares d’antan.
Dans les ports aux bassins vides
la flotte de pêche est mal en point .
Pour sauver tous nos navires
il ne nous reste que les ronds-points
dimanche 20 février 2011
Marionig
Du fond de ma mémoire je vous fais partager
l’histoire d’une brigande native de Porz en haie.
En des temps de misère au coeur du morbihan
naquit une fillette, future chef de clan
Diwallet doc’h, mar he c’havet
Marionnig hag er Faouet
parmi les herbes folles, elle a grandit pourtant,
parcourant les campagnes et les marchés d’antan.
vendant au fil des jours parures pour beaux atours,
et proposant céans aussi laines et rubans.
Diwallet doc’h, mar he c’havet
Marionnig hag er Faouet
si quelques voleries elle a commit pourtant
dépouillant les bourgeois et même les marchands,
tenant maison ouverte hôtel des trois piliers,
d’aider les opprimés n’a jamais refuser.
Diwallet doc’h, mar he c’havet
Marionnig hag er Faouet
Dans une rue de Nantes elle croisa son destin
mais c’est à Quimper qu’on prononça sa fin.
Des juges l’ont dit à pendre, à pendre et torturer.
Jamais elle n’avoua, mais elle fut condamnée.
Diwallet doc’h, mar he c’havet
Marionnig hag er Faouet
Ce fut un grand malheur, pour les petites gens,
qu’occise soit ainsi la compagnie Finefont.
De toute son histoire elle n’a versé le sang.
Elle avait nom Marion, retenez bien ce nom.
Diwallet doc’h, mar he c’havet
Marionnig hag er Faouet
Bibliographie :
- LOREDAN J ;La grande misère et les voleurs au XVIII siècle, Marion du Faouët et ses "associés" ;Librairie académique PERRIN et Cie ;1910; disponible sur gallica
- Trévédy J ;Marie Tromel dite Marion du faouët ; in Bulletin de la société archéologique du Finistère ;mai 1884 ; archives départementales du Finistère
l’histoire d’une brigande native de Porz en haie.
En des temps de misère au coeur du morbihan
naquit une fillette, future chef de clan
Diwallet doc’h, mar he c’havet
Marionnig hag er Faouet
parmi les herbes folles, elle a grandit pourtant,
parcourant les campagnes et les marchés d’antan.
vendant au fil des jours parures pour beaux atours,
et proposant céans aussi laines et rubans.
Diwallet doc’h, mar he c’havet
Marionnig hag er Faouet
si quelques voleries elle a commit pourtant
dépouillant les bourgeois et même les marchands,
tenant maison ouverte hôtel des trois piliers,
d’aider les opprimés n’a jamais refuser.
Diwallet doc’h, mar he c’havet
Marionnig hag er Faouet
Dans une rue de Nantes elle croisa son destin
mais c’est à Quimper qu’on prononça sa fin.
Des juges l’ont dit à pendre, à pendre et torturer.
Jamais elle n’avoua, mais elle fut condamnée.
Diwallet doc’h, mar he c’havet
Marionnig hag er Faouet
Ce fut un grand malheur, pour les petites gens,
qu’occise soit ainsi la compagnie Finefont.
De toute son histoire elle n’a versé le sang.
Elle avait nom Marion, retenez bien ce nom.
Diwallet doc’h, mar he c’havet
Marionnig hag er Faouet
Bibliographie :
- LOREDAN J ;La grande misère et les voleurs au XVIII siècle, Marion du Faouët et ses "associés" ;Librairie académique PERRIN et Cie ;1910; disponible sur gallica
- Trévédy J ;Marie Tromel dite Marion du faouët ; in Bulletin de la société archéologique du Finistère ;mai 1884 ; archives départementales du Finistère
dimanche 24 octobre 2010
Montvieux
Étienne Pellot dit « Montvieux », dit également « le Renard basque » est le dernier corsaire français connu. Certains de ses navires, notamment les Deux-Amis et Le Général Augereau, sont entrés dans la légende corsaire.
Et le renard reprend les passes
pavillon haut, cap au ponant,
la guerre de course, la route de chasse [1]
la mort peut-être, sont au tournant.
Montvieux n’est pas un grand loquace
un geste, un signe, c’est suffisant.
« que la bordée largue les voiles,
la barre en d’ssous, vers le couchant ».
« Les deux amis » ouvre un sillage
qui mènera ses combattants
loin des rivages de la Gascogne
sur les traces des navires marchands.
usant de ruse, et doué d’audace,
mousse à treize ans, grand commandant
Monsieur Etienne, le renard basque
vous fûtes un stratège étonnant.
au port d’Hendaye au pays basque
son souvenir est resté vivant
et les enfants fêtent son histoire
chaque année à la saint Vincent.
il fût un corsaire redoutable,
et le dernier des commandants
d’une guerre de course marquée d’audace,
et de prises serrées au vent
Ce que les navires de la marine nationale, des affaires maritimes, ou des douanes appelle la ‘route de chasse’ est celle que les cargos appellent ‘route de collision’. Il s’agit en fait d’une route maintenant un gisement constant sur la cible jusqu’à interception.
Et le renard reprend les passes
pavillon haut, cap au ponant,
la guerre de course, la route de chasse [1]
la mort peut-être, sont au tournant.
Montvieux n’est pas un grand loquace
un geste, un signe, c’est suffisant.
« que la bordée largue les voiles,
la barre en d’ssous, vers le couchant ».
« Les deux amis » ouvre un sillage
qui mènera ses combattants
loin des rivages de la Gascogne
sur les traces des navires marchands.
usant de ruse, et doué d’audace,
mousse à treize ans, grand commandant
Monsieur Etienne, le renard basque
vous fûtes un stratège étonnant.
au port d’Hendaye au pays basque
son souvenir est resté vivant
et les enfants fêtent son histoire
chaque année à la saint Vincent.
il fût un corsaire redoutable,
et le dernier des commandants
d’une guerre de course marquée d’audace,
et de prises serrées au vent
Ce que les navires de la marine nationale, des affaires maritimes, ou des douanes appelle la ‘route de chasse’ est celle que les cargos appellent ‘route de collision’. Il s’agit en fait d’une route maintenant un gisement constant sur la cible jusqu’à interception.
mercredi 20 octobre 2010
Calicot Jack
Rackham marchait sur le tillac
il naviguait toutes voiles au vent.
on l’appelait « Calicot Jack »,
on l’appelait le flamboyant.
Il avait nom Jack Rackham, un nom qui claque aux quatre vents
Pour un doublon, pour une femme, il écuma les océans.
Il commanda aux caraîbes une fameuse bande de mécréants.
Brigands qui se rêvaient pirates, vivant pour l’or et pour le sang.
Pour un navire fuyant la rade, un capitaine sans grand allant,
un équipage a pris les armes et déposé son commandant.
Rackam élu pour son courage, pour sa fougue et son talent
a accepté la lourde charge. Il a choisi la vie au ban,
Le fuyard fut réduit, abordé et même pillé
mais la marine n’est pas tendre avec les mutinés.
Vogue la galère, plus rien à faire, ici le sort en est jeté,
ils deviendront pirates, ce sera leur destinée.
Et sur les eaux des bahamas, ont pris le vent au gré des flots,
de Freetown à Tarpum bay, de Greencastle à Nassau.
Ils ont contruit leur légende dans le sillage de leur bateau,
sous les ordres d’un homme étrange, un homme vêtu de calicot.
il naviguait toutes voiles au vent.
on l’appelait « Calicot Jack »,
on l’appelait le flamboyant.
Il avait nom Jack Rackham, un nom qui claque aux quatre vents
Pour un doublon, pour une femme, il écuma les océans.
Il commanda aux caraîbes une fameuse bande de mécréants.
Brigands qui se rêvaient pirates, vivant pour l’or et pour le sang.
Pour un navire fuyant la rade, un capitaine sans grand allant,
un équipage a pris les armes et déposé son commandant.
Rackam élu pour son courage, pour sa fougue et son talent
a accepté la lourde charge. Il a choisi la vie au ban,
Le fuyard fut réduit, abordé et même pillé
mais la marine n’est pas tendre avec les mutinés.
Vogue la galère, plus rien à faire, ici le sort en est jeté,
ils deviendront pirates, ce sera leur destinée.
Et sur les eaux des bahamas, ont pris le vent au gré des flots,
de Freetown à Tarpum bay, de Greencastle à Nassau.
Ils ont contruit leur légende dans le sillage de leur bateau,
sous les ordres d’un homme étrange, un homme vêtu de calicot.
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